Notre histoire

Sur le site de la Maison mère de la Congrégation des Sœurs de NotreDame de Namur, on trouve aujourd’hui deux écoles secondaires ayant les mêmes origines, l’Etablissement des Sœurs de Notre-Dame et l’Institut Notre-Dame organisant pour la première du général et pour la seconde du qualifiant, cette dernière ayant été créée en 1947.
Plans Archives Snd 4
Archives Snd 281

Le dix-neuvième siècle et les débuts de l’école

C’est le 7 juillet 1807 que Mère Julie Billiart, la fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame de Namur, s’installa à Namur au numéro 5 de la rue de l’Evêché, une maison louée pour elle par l’évêque de Namur, Monseigneur Pisani de la Gaude, qui souhaitait qu’elle y crée une école pour jeunes filles. Très vite, ce nouvel établissement dirigé par Mère Saint-Joseph,( Françoise Blin de Bourdon ), la co-fondatrice de la Congrégation, compta plus de 80 enfants ainsi que 7 ou 8 pensionnaires réparties en 3 classes disposant chacune d’une « étuve brûlante ». Dans une lettre de Monseigneur Pisani de la Gaude, on apprend que les locaux s’avèrent vite trop exigus : «… le nombre des pensionnaires augmente, mais la maison ne peut s’agrandir », ce qui amena dès le 6 décembre 1808, le déménagement de l’école et des Sœurs vers la rue des Fossés à Namur : là, elles occuperont l’ancien refuge de l’Abbaye de Boneffe, devenu au XVIIIème siècle la propriété des comtes de Quarré. Cette maison avait l’avantage d’être assez vaste pour accueillir au moins 200 enfants et de 20 à 30 pensionnaires avec un jardin plus grand que celui de la rue de l’Evêché.

L’année 1809 fut importante pour la Congrégation car la maison de la rue des Fossés devint la Maison mère des Sœurs de Notre-Dame de Namur qui l’achetèrent à la fin de l’année à la comtesse de Ribeaucourt, héritière des comtes de Quarré. C’est le début d’une politique d’acquisition de différentes maisons et autres terrains qui permirent à la Congrégation de développer leur propriété sur la rue actuelle Julie Billiart et sur celle du Lombard, et même un temps sur la rue Pépin.
Très vite, les besoins en locaux tant pour la Congrégation que pour l’école imposèrent pour celle-ci la construction de classes destinées aux externes, d’un réfectoire vers 1817, d’un étage au-dessus des classes pour les élèves pauvres afin d’agrandir le pensionnat en 1827, d’une grande salle et de pièces pour les externes d’abord et ensuite pour les demi-pensionnaires en 1830, d’un réfectoire, d’une buanderie et de classes en 1831. Trois ans plus tard, en 1834, on rehausse d’un étage le grand bâtiment du pensionnat et, en 1846, un nouvel externat est bâti dans le jardin à l’emplacement d’anciennes remises et d’un atelier. La chapelle fut consacrée en 1849 par l’évêque de Namur, Monseigneur Dehesselle : elle occupe l’espace qui, au fil de l’évolution de la propriété, deviendra le centre de celle-ci. Cette énumération nous montre à suffisance l’importante augmentation du nombre d’enfants pris en charge au cours des cinquante premières années de l’institution. En 1856, lors de la visite du roi Léopold 1er à Namur et de son passage dans l’école, on cite le chiffre de 1 200 élèves pour tous les types d’enseignement. Les Annales de la Congrégation en recensent 1300 en 1876. En 1824, les Sœurs acquièrent la maison Detilleux, un premier achat qui sera suivi de beaucoup d’autres, preuve du remarquable développement tant de la Congrégation que de l’école ; il serait trop fastidieux d’énumérer toutes ces transactions dont nous ne retiendrons que les plus significatives pour l’établissement scolaire.

A côté de l’enseignement primaire réparti en classes pour enfants pauvres et en classes payantes, on accueille aussi des élèves plus âgées fréquentant l’enseignement moyen. Le nombre de pensionnaires et de demi-pensionnaires est en 1876 de 118 pour les premières et de 85 pour les secondes. Un atelier de couture existe également ainsi qu’une école du dimanche. Le 28 août 1886, l’école normale réservée aux jeunes Sœurs pour leur permettre d’obtenir le brevet officiel pour l’enseignement primaire est agréée. Deux ans plus tard, elle formera aussi de futures régentes.

En 1890, une école ménagère ou familiale sera ouverte et permettra aux élèves des classes primaires gratuites d’ « apprendre le ménage ». Cette section adoptée et subsidiée par l’Etat sera encadrée par un comité de dames présidé par la baronne Gaiffier d’Hestroy, comité qui subviendra aux dépenses non couvertes par l’autorité publique.

Il faut aussi noter que la Congrégation a pris en charge au fil des années les classes primaires gratuites pour la paroisse Saint-Loup à la rue des Brasseurs, pour la paroisse Saint-Nicolas à la rue de Balart ainsi que pour celle de Sainte-Julienne à Salzinnes.

En 1891, la Congrégation achète le château des Balances à Salzinnes qui deviendra la « maison de campagne » de l’Etablissement. Comme le précise un fascicule de présentation de l’école, « Chaque semaine, les élèves sont conduites à la promenade vers les sites pittoresques des environs de Namur ou à la maison de campagne de l’Etablissement. Cette propriété, dite des Balances, située aux bords de la Sambre et entourée d’un parc de huit hectares, leur fournit, avec l’avantage de respirer l’air pur des grands bois, l’espace désirable pour les récréations des jours de congé ».

Coll  V  Bruch

Le XXème siècle avant la guerre 1940-1945

En 1906, c’est la béatification de Mère Julie Billiart, la fondatrice de la Congrégation. Pour commémorer dignement cette élévation, les Sœurs de Notre-Dame d’Amérique firent construire à la rue du Lombard une école primaire pour les enfants pauvres qui s’appellera « Nazareth ».

Avant la guerre 1914-1918, outre l’école ménagère et les classes primaires, les possibilités d’études dans l’établissement sont les suivantes : une section moyenne de trois ans, une section supérieure de deux ans qui, comme le dit une brochure de présentation de l’établissement, « sert de couronnement aux études. Les jeunes filles y complètent leurs connaissances littéraires et scientifiques et y sont plus directement initiées à leur futur rôle de maîtresse de maison et d’éducatrice ». Une section spéciale est destinée, comme la décrit la même brochure, « [aux] jeunes filles qui désirent suivre un cours d’économie domestique et s’exercer à l’art culinaire, à la coupe et confection, en un mot à tout ce que comporte la bonne tenue d’une maison ». Des cours facultatifs payants sont également organisés : piano, chant, solfège, langues étrangères, dessin, peinture et arts similaires comme pyrogravure, cuir et métaux repoussés et enfin dactylographie.

Durant la guerre 1914-1918, l’école et le château des Balances vont connaître différentes occupations et affectations qui amèneront même à certains moments à devoir donner des cours en ville. Au début de la guerre, fut installé dans l’école par la duchesse anglaise Millicent de Suntherland un service de santé qu’elle prit en charge financièrement. Durant toute la guerre, l’internat fut fermé. Le 9 novembre 1918, lors d’un combat entre avions alliés et allemands, une bombe tomba sur une galerie reliant les bâtiments de la communauté et ceux du noviciat, tuant une novice et une postulante.

En 1920, l’école normale fut transférée à Bastogne et à Berchem. Les Humanités anciennes furent ouvertes en 1926 et le cycle supérieur des modernes, section commerciale, en 1930. A côté des Humanités, le cours supérieur d’éducation familiale fut porté à 3 ans en 1939.
Vu l’augmentation du nombre d’élèves, un nouveau bâtiment s’avéra nécessaire : remplaçant plusieurs petites maisons, il fut construit en 1930 à la rue du Lombard, n° 41 où se situe aujourd’hui l’entrée de l’Etablissement.

Img 0064

La guerre 1940-1945

Le second conflit mondial va marquer durablement la Congrégation et l’école. Le 13 mai à 5 heures du matin, une bombe allemande enlève le toit du pensionnat et provoque un incendie qui débute à la rue du Lombard. Le feu s’étendra progressivement à l’ensemble des bâtiments tant de l’école que de la communauté. Les Sœurs vont trouver refuge pendant toute la durée de la guerre dans un couvent proche de leur maison mère, chez les Dames de Sainte-Julienne à la rue Pépin à Namur. Pour les élèves, il va falloir se débrouiller en les « dispachant » au fil du conflit et des disponibilités dans des maisons mises à la disposition des Sœurs par des particuliers, dans le couvent des Dames de Sainte-Julienne ou dans des bâtiments plus ou moins remis en état : de toutes façons, cela va entraîner beaucoup de changements de locaux et tout cela dans des conditions très difficiles.
En 1920, l’école normale fut transférée à Bastogne et à Berchem. Les Humanités anciennes furent ouvertes en 1926 et le cycle supérieur des modernes, section commerciale, en 1930. A côté des Humanités, le cours supérieur d’éducation familiale fut porté à 3 ans en 1939.
Vu l’augmentation du nombre d’élèves, un nouveau bâtiment s’avéra nécessaire : remplaçant plusieurs petites maisons, il fut construit en 1930 à la rue du Lombard, n° 41 où se situe aujourd’hui l’entrée de l’Etablissement.
Une galerie avant la guerre et pendant la guerre
Toutes les sections existant avant l’incendie ne seront pas rouvertes : ainsi, l’internat sera fermé ; les Humanités anciennes seront confiées aux Sœurs de Sainte-Marie d’abord temporairement pour que les élèves puissent passer leurs examens, mais, faute de place, il faudra, au mois de septembre 1940, se résoudre à les céder définitivement et à regret à cette autre congrégation namuroise. Une circulaire envoyée aux parents par les Sœurs nous apprend qu’il est encore impossible en septembre 1941 de reprendre toutes les grandes élèves. Ainsi, seule la première année moderne sera ouverte à la rentrée ainsi qu’un cours d’éducation familiale et sociale d’une durée d’un an pour les filles ayant terminé au moins les études moyennes. A la rentrée de 1943, une troisième moderne pourra être rouverte ; la même année, le cours familial sera agréé par l’Etat, mais il ne compte qu’une vingtaine d’élèves.

Durant la guerre, les installations ferroviaires de Namur, comme la gare de formation et les ateliers de Ronet ainsi que le pont du Luxembourg enjambant la Meuse, furent bombardées à de nombreuses reprises par les Alliés. Dix-huit jours avant l’arrivée des Alliés à Namur, le bombardement américain du 18 août 1944 sur ce fameux pont du Luxembourg ne parviendra pas à le faire sauter, mais rasera le bas de la ville avec des conséquences humaines dramatiques : 342 personnes dont 6 religieuses de Notre-Dame perdent la vie et plus de 1.200 autres sont blessées. Les quelques bâtiments scolaires qui avaient été reconstruits pendant la guerre sont de nouveau largement détruits de même que le couvent des Dames de Sainte-Julienne où les Sœurs avaient trouvé refuge. On est donc reparti comme en 40 : les Sœurs trouveront asile après un peu de temps passé chez les Sœurs de Sainte-Marie et chez les Ursulines, à la Plante dans une maison des Jésuites pour un groupe et chez les Filles du Cœur de Jésus à l’avenue reine Astrid à Salzinnes-Namur pour un autre. Les élèves vont de nouveau être réparties dans des parties encore habitables des bâtiments bombardés de l’école et dans des locaux de fortune en ville. Ainsi, le 12 octobre 1944, la rentrée se fait pour un certain nombre d’étudiantes à l’Hôtel Polyglotte à l’avenue reine Astrid à Namur, mais elles en seront délogées dès le 21 octobre de la même année par les Américains qui réquisitionnent l’hôtel !

Img 0062

Le renouveau

La reconstruction des bâtiments et la réorganisation des études vont prendre plusieurs années. A la rentrée de 1945, les étudiantes inscrites en modernes suivent leurs cours dans le bâtiment de « Nazareth » alors que des classes primaires et gardiennes se trouvent encore chez des particuliers ; le cours d’éducation familiale et sociale quant à lui est installé à la rue Pépin. Les Sœurs occupent en juillet 1945 un bâtiment restauré à la rue du Lombard, qui devient la Maison mère temporaire de la Congrégation. Début 1949, les dernières ruines ont été rasées. L’année suivante, en 1950, Nazareth est complètement restauré, la communauté rentre dans ses nouveaux bâtiments et les travaux de la nouvelle chapelle sont commencés ; elle sera consacrée en 1951.
L’année 1952 marque la fin des gros travaux. Dans la Revue Notre-Dame de mai 1952, on peut lire : « Dans la cité mosane, vous avez peut-être connu la rue J. Billiart et les longs murs aveugles qui l’attristaient ! Aujourd’hui, ils sont remplacés par l’élégante façade qui rit au soleil de toutes ses briques roses mêlées à la pierre grise ; dans cette dernière, surmontant la porte d’entrée, une inscription est taillée : Institut Notre-Dame 1952. Cette inscription vous annonce que l’établissement a repris sa place de jadis dans le domaine de l’éducation et de l’instruction ».
L’école secondaire va enfin pouvoir se redéployer. L’internat sera rouvert en septembre 1950, mais les pensionnaires ne reviendront que très progressivement : ainsi, en 1952, la moitié des chambres est encore inoccupée. En 1953, c’est la réouverture des Humanités anciennes à Notre-Dame avec une 6ème latin-math autorisée par l’Evêché qui avait souhaité différencier les études latines des Sœurs de Notre-Dame de celles des Soeurs de Sainte-Marie qui organisaient à Namur depuis septembre 1940 les latin-grec ( 9 ). La même année, une section Scientifique A est mise sur pied. En 1957, l’enseignement général sera organisé à l’Etablissement des Sœurs de Notre-Dame et le qualifiant sera pris en charge par le nouvel Institut Notre-Dame qui reprendra la section familiale et créera cette année-là, en technique, la section « aspirante en nursing » et, en professionnel, la « puériculture » . En 1959, l’offre s’élargira encore avec une section latin-grec et, en 1970, avec les latin-sciences.
Le nombre d’élèves va progressivement augmenter : en 1969, on en recense 575 en Humanités et 1 005 en 1986, un maximum historique. L’internat a toujours été important : en 1957, il compte 122 pensionnaires tous niveaux confondus et 200 en 1981. Il va sans dire qu’une telle progression, à laquelle il faut ajouter celle des élèves du qualifiant de l’Institut Notre-Dame ( 299 en 1969 et 508 en 1979 ), impose une recherche continuelle de nouvelles classes et de dortoirs supplémentaires : outre l’utilisation de plus en plus importante des espaces réservés à la Congrégation, ce sera notamment l’exhaussement de différents bâtiments en 1959, 1970 et 1977, la construction d’un nouveau bâtiment à la rue du Lombard en 1968-1969, et de salles de sports, l’achat d’un édifice à la rue Pépin en 1977 et d’un autre appelé la Banque en 1982, toujours dans la même rue.
Le rénové sera introduit en septembre 1978 ainsi que la mixité, mais cette année-là, sur les 240 élèves de première A et de première B, on ne compte que 3 garçons !
En 1981, une nouvelle équipe de direction reprend les rênes de l’Etablissement : Jeannette Fievet succède à Sœur Suzanne de la Sainte-Famille ( Suzanne Lanquart ) qui y était directrice depuis 1961 ; Sœur Suzanne ( Suzanne de Meersman ) quant à elle remplace la même année à la sous-direction Philippe Deborsu qui avait été nommé à ce poste en 1976 quand l’école dépassa la norme requise à l’époque pour ouvrir le poste de sous-directeur. Sœur Suzanne de Meersman cèdera le relais de la sous-direction à Anne-Marie Kinif en 1991.

En 1994, l’internat, qui comptait encore près de 150 élèves, est fermé par décision de la Congrégation qui le gérait. Les locaux ainsi récupérés seront transformés en classes, en laboratoires et en salle polyvalente. L’Etablissement va connaître une perte importante d’élèves : alors qu’en 1986, la population scolaire avait dépassé le millier, elle en comptera moins de 600 dix ans plus tard ; le nombre d’élèves s’est stabilisé par la suite avec 612 en 2006 et 653 en 2016. Vu les besoins moindres en locaux, les maisons de la rue Pépin vont être vendues. La Congrégation a remis en 2010 les bâtiments scolaires en bail emphytéotique de longue durée à la SPABSCNa ( Société patrimoniale d’administration des bâtiments scolaires catholiques de la province de Namur ).

Jeannette Fievet céda le relais en 2001 à une nouvelle directrice, Anne-Marie Kinif. En 2006, l’Etablissement ayant de nouveau dépassé la norme de 600 élèves, un poste de sous-direction put être recréé et confié à Françoise Baufays ; cette dernière remplacera Anne-Marie Kinif comme directrice au début de 2013, la sous-direction étant alors confiée à Marc Hancisse.
L’offre d’enseignement de l’Etablissement, uniquement dans le général, s’est ouverte avec le rénové aux langues, dont l’espagnol, au latin, à l’art d’expression, aux sciences économiques, à l’option histoire ainsi qu’aux différents niveaux des cours de mathématique et de science. Depuis 2005, l’immersion en néerlandais a été introduite, d’abord en immersion tardive et en 2010 en immersion précoce pour les jeunes ayant déjà suivi des cours en immersion en primaires.

Philippe Mottequin

Bulletin périodique du SeDESS Namur-Luxembourg

Janvier - Février 2018

Carte Postale Actuelle1